L’ampleur réelle du phénomène
Dans notre jeu de données, les modificateurs liés aux fuites accompagnent une minorité substantielle des requêtes portant sur un nom de compte, et constituent pour certains comptes la première catégorie d’intention. Ce n’est pas un comportement marginal. C’est l’une des principales façons de chercher dans ce secteur, et faire comme si de rien n’était rendrait le reste de cet index moins utile.
Plutôt que de contourner le sujet : voici ce qui se trouve de l’autre côté de ces résultats.
Le vrai modèle économique
Les sites qui annoncent du contenu fuité ne sont pas des archives. Ce sont des supports publicitaires, et le contenu n’est que l’appât. L’économie ne tient que si vous ne trouvez jamais ce que vous êtes venu chercher, car un visiteur reparti satisfait ne clique pas sur quatre pages de publicité supplémentaires.
- Une page se positionne, ou s’achète, sur « nom du compte + fuite ». Elle affiche des vignettes, un nombre de fichiers et un poids total — le tout fabriqué.
- Le moindre clic déclenche une chaîne de redirections à travers des régies publicitaires. Chaque saut rapporte une fraction de centime à l’exploitant.
- Une barrière apparaît : sondage, « vérification humaine », installation d’application ou création de compte. C’est là que se fait l’argent.
- Il n’y a rien derrière. Au mieux, une archive vide ou un fichier protégé par un mot de passe qui n’existe pas. Au pire, l’étape de « vérification » est elle-même le vecteur du logiciel malveillant.
Un site disposant de vrais fichiers n’a pas besoin que vous remplissiez un sondage pour y accéder. Chaque barrière existe parce qu’il n’y a rien à protéger derrière.
Ce que dit le droit
Rediffuser sans autorisation un contenu protégé par un paywall constitue une contrefaçon dans pratiquement toutes les juridictions concernées. Ce point ne fait pas débat et engage la responsabilité de celui qui met en ligne.
L’exposition la plus sérieuse est ailleurs. La France a créé en 2016 un délit spécifique de diffusion non consentie d’images à caractère sexuel, à l’article 226-2-1 du code pénal, puni de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 euros d’amende. L’Allemagne réprime des faits comparables au titre de l’atteinte à l’intimité de la vie privée. Il ne s’agit pas de litiges civils sur des licences : ce sont des infractions pénales, et elles visent la diffusion plutôt que la création.
Nous décrivons ici un paysage juridique, nous ne donnons pas de conseil. Mais la tendance est assez claire pour que « ce n’est qu’un téléchargement » ait cessé d’être une description honnête du risque il y a une bonne dizaine d’années.
Ce que cela fait aux personnes concernées
Les comptes recensés dans cet index appartiennent à des personnes qui travaillent et font tourner une petite activité. Un contenu repris et republié sans consentement supprime ce qu’elles vendent et le remplace par rien : ni paiement, ni attribution, ni possibilité de le retirer une fois qu’il circule.
Il existe aussi un préjudice qui n’est pas économique. Un contenu publié sous pseudonyme, pour un public payant et vérifié en âge, n’est pas le même objet que le même contenu circulant publiquement à côté d’un état civil. Des gens y ont perdu un emploi, une garde d’enfants, des relations familiales.
La position de ce site
Nous n’hébergeons, ne dupliquons, ne relayons ni n’indexons aucun contenu fuité, et nous n’aiderons personne à en trouver, y compris en réponse à un courriel courtois. Nous recensons la demande publique et la décrivons avec exactitude, ce qui suppose parfois de dire tout haut qu’une part importante de cette demande consiste à vouloir prendre sans payer.
Si vous êtes ici parce qu’une recherche vous a amené sur cette expression : l’abonnement coûte peu, il est à jour, il n’exige l’installation de rien, et il va à la personne qui a fabriqué ce que vous cherchiez.
Questions fréquentes
Les sites de fuites MYM ont-ils du vrai contenu ?
Presque jamais. Ce sont des supports publicitaires bâtis sur des chaînes de redirections et des barrières de sondage, et le contenu annoncé est le plus souvent inventé. Quand du matériel authentique y figure, il a été repris sans consentement, ce qui est illicite dans les pays d’où vient l’essentiel de ce public.
Télécharger du contenu fuité est-il illégal ?
La rediffusion l’est clairement — contrefaçon au minimum, et infraction pénale en France comme en Allemagne lorsqu’il s’agit d’images intimes. La position sur le simple téléchargement varie selon les pays, mais le risque principal n’est pas d’abord juridique : ces sites sont le vecteur de logiciels malveillants le plus fiable de la catégorie.
Que faire quand son propre contenu a fuité ?
Conservez les preuves, adressez des demandes de retrait à l’hébergeur et aux moteurs de recherche, et — lorsque le contenu est intime et diffusé sans accord — traitez l’affaire comme une plainte pénale plutôt que comme un litige de droit d’auteur. Des associations spécialisées existent en France comme en Allemagne pour accompagner exactement ces démarches.
Pourquoi ce site apparaît-il sur des recherches liées aux fuites ?
Parce que nous traitons le sujet franchement au lieu d’en éviter le vocabulaire. Ce que nous ne faisons pas, c’est fournir, relayer ou indexer le moindre élément de ce que ces recherches cherchent.
